Cofondateur du label et de la maison d’édition lavalloise Warm, Willy Durand pratique la photographie depuis l’adolescence. Conscient qu’une photo n’est qu’une « interprétation des apparences du monde » (Susan Sontag), il renonce à représenter fidèlement le réel, pour au contraire le recomposer, le manipuler en « bouleversant la prise de vue originale ». À partir de photos existantes, prises par ses soins ou données, il superpose les clichés, y introduit différentes matières, laisse à l’abandon diapositives ou négatifs dans la nature, provoquant leur décomposition. Surgissent alors des images venues d’un monde parallèle ou plutôt nées du télescopage de plusieurs mondes. Éclats de couleurs vives parfois, entrelacs aux mille nuances de gris souvent… La scène initiale s’efface peu à peu, cédant la place à l’abstraction. On croit discerner des vues du ciel à l’étrange géographie, à moins que cela ne soit un aperçu de l’infiniment petit, paysages cellulaires labyrinthiques, où le regard s’égare volontiers.

 

À voir : l’exposition l’exposition Re/Décompositions, du 18 mai au 16 juin à la galerie L’art au centre à Laval.