Hypothèse de départ : et si après avoir révolutionné la diffusion de la musique et du cinéma, le numérique bouleversait le monde de l’art ? Entrepreneur dans l’âme, passé par le monde du luxe et de la finance, Christophe Roux y croit dur comme fer. Simon Cau, son associé au sein d’Artify, se montre d’abord sceptique : galeriste et commissaire d’expo, il croit au rapport physique qui s’instaure entre l’œuvre et le spectateur. Mais les perspectives de démocratisation de l’accès à l’art qu’ouvre l’idée – toucher un public qui ne fréquente pas les musées et susciter l’envie de voir les œuvres grandeur nature –, finissent par le convaincre. Ensemble, ils conçoivent un écran – qu’ils qualifient d’ « écrin numérique » – dont la qualité garantit une restitution grand format et haute-fidélité des œuvres originales. Connectée à cet écran, une appli mobile permet de sélectionner les œuvres et d’avoir accès à une notice qui présente chacune d’elles, son auteur, etc. Publics visés : les entreprises, hôtels, restaurants, hôpitaux, collectivités qui pourraient mettre cet outil à disposition de leurs clients, collaborateurs, usagers… Autre débouché possible, les musées et lieux d’exposition, à l’image du ministère de la Culture qui a fait appel à Artify pour enrichir une récente exposition consacrée à Willy Ronis : deux écrans permettaient aux visiteurs d’accéder à près de 800 clichés numérisés du photographe américain.
Créé en 2017, Artify dispose déjà d’un fonds de 800 000 œuvres collectées auprès de musées, galeries ou artistes contemporains, auxquels est reversée une partie des bénéfices générés. Accompagné par Laval Mayenne Technopole depuis ses débuts, le duo, basé à Paris, a décidé d’implanter son entreprise à Laval où se situent ses principaux fournisseurs et partenaires. Les clients et projets se multiplient pour le binôme, qui envisage déjà de nouveaux développements. Et si le futur Spotify de l’art était lavallois ?