Au milieu des bois, conversation avec le comédien Laurent Menez, en pleine répétition de son nouveau spectacle, Histoire d’Orphée, une « échappée forestière et poétique » grandeur nature.

Trois chaises en plastique et une table de camping au pied des chênes. C’est dans la forêt de Salair, à la sortie du village de Fontaine-Daniel, que l’on a installé notre « studio » et nos micros. C’est aussi là que Laurent Menez, accompagné de son complice Gérald Bertevas, fignole les derniers détails d’Histoire d’Orphée. La mort n’est que la mort si l’amour lui survit. Une relecture du mythe d’Orphée signée par le poète, dramaturge et romancier Jean-Pierre Siméon.

Alors qu’il craignait ne pas constituer un sujet suffisamment consistant pour une émission d’une heure, ce quadra à l’allure juvénile, qui collectionne les rôles et les casquettes depuis près de 30 ans, regrettait après l’interview ne pas avoir eu le temps d’évoquer tel spectacle ou telle personne décisive dans son parcours. Comme ce grand-père, grand raconteur d’histoires, qui savait captiver n’importe quel auditoire. Sans doute cet aïeul lui a-t-il transmis ce talent, lui, qui à 12 ans, montait sa première troupe de théâtre au collège. Il réalise alors que c’est sur scène qu’il peut s’exprimer pleinement et être vraiment lui-même. Né à Rennes, ce Breto-Mayennais, qui a grandi à Montsûrs, multiplie les expériences sur les planches en parallèle de ses études, qui l’ont ramené dans la capitale rennaise. Au début des années 2000, il est repéré par Dany Simon du Théâtre du Vestiaire, avec qui cet autodidacte « apprendra le métier de comédien« .

En Mayenne, depuis 2009, Laurent Menez collabore étroitement avec le Théâtre d’air, compagnie dirigée par Virginie Fouchault, dont il assure aussi le rôle de chargé de diffusion. Depuis ses débuts, cet artiste qui aime profondément se mettre au service des autres initie aussi ses propres projets. Sans que cela soit calculé ou anticipé, ces expériences personnelles l’emmènent presque invariablement hors des conventions habituelles du théâtre, loin des scènes et des plateaux. Pièce jouée en appartement, textes livrés à mobylette, création pour salons de coiffure… Il investit des espaces du quotidien où, sans ce fameux 4e mur qui sépare artistes et public, il peut nouer un lien intime avec les spectateurs.

Pour Histoire d’Orphée, la forêt s’imposait : le héros de la mythologie grecque, premier poète, puisait son chant dans la nature. Le comédien joue donc au milieu des arbres, pour 50 spectateurs en transat. Immersive, l’expérience est aussi sonore, mise en son par Gérald Bertevas (alias radouL branK). Le musicien s’emploie avec bonheur à réorchestrer et magnifier la douce symphonie que composent naturellement la forêt et ses habitants.

Playlist

1 – Denez Prigent – Ar Warizi
2 – Tom McRae – You cut her hair
3 – Noir Désir – Des armes
4 –  Sarah McCoy – New Orleans

Chaque premier jeudi du mois à 21h sur L’autre radio, Tranzistor l’émission accueille un acteur de la culture en Mayenne : artiste, programmateur, organisateur de spectacle… Trois fois par an, Tranzistor part en « live » pour une émission en public. Au programme : interviews et concerts avec deux ou trois artistes en pleine actualité.

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